Les propositions de Jansénius (2)

 

Les propositions de Jansénius

Les Propositions attribuées à Jansénius par les ennemis de Port-Royal étaient les suivantes :

1. Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux justes qui veulent et s’efforcent selon les forces qu’ils ont présentes ; la grâce par laquelle ils leur seraient rendus possibles leur manque aussi.

2. Dans l’état de la nature déchue, on ne résiste jamais à la grâce intérieure.

3. Pour mériter et démériter dans l’état de la nature déchue, il n’est pas nécessaire qu’il y ait dans l’homme une liberté qui soit exempte de nécessité ; c’est assez qu’il y ait une liberté qui soit exempte de contrainte.

4. Les semi-pélagiens admettaient la nécessité d’une grâce intérieure prévenante pour chaque action, même pour le commencement de la foi, et ils étaient hérétiques en ce qu’ils voulaient que cette grâce fût telle que la volonté de l’homme lui pût résister ou obéir.

5. C’est un sentiment semi-pélagien de dire que Jésus-Christ soit mort ou qu’il ait répandu son sang pour tous les hommes, sans en excepter un seul.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 86 sq. L’ambiguïté des cinq propositions.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 57 sq. Nicolas Cornet et la genèse des six propositions. Naissance des propositions : p. 57. Initiative de Cornet le 3 juin 1649, qui dénonce la forme négligée des thèses proposées par certains étudiants : p. 57. Hermant et d’autres augustiniens profitaient des thèses pour exposer leurs conceptions : p. 58.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 82 sq. Le trait constant de la première phase de l’histoire du jansénisme en Sorbonne est le désir d’éviter l’affrontement ouvert sur le thème de la grâce, c’est-à-dire de forcer la faculté à prendre ouvertement parti : p. 82. La faculté résiste constamment à s’engager dans les discussions sur la grâce, pour chercher le consensus : p. 82. La Faculté se découvre divisée sans que les contours de cette division puissent être vraiment saisis nettement; cette période a permis aux partis de se mesurer : p. 83. Le pouvoir, en pleine Fronde, pousse à ce que les théologiens trouvent une solution par eux-mêmes : p. 84. Rome voulait se réserver l’exclusivité du jugement doctrinal : p. 84.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 58 sq. Cornet se plaint que certains bacheliers ne tiennent pas compte des corrections faites à leurs thèses : p. 59. Les six thèses fabriquées que Cornet veut soumettre à l’assemblée : p. 61. des quatre propositions des bacheliers aux six propositions générales dénoncées par Cornet : p. 63. La discussion sur les sept propositions : p. 64 sq. Elle porte sur l’urgence de l’entreprise, l’établissement de la commission d’examen et les propositions à considérer : p. 64. les augustiniens demandent qu’on nomme l’auteur présumé des propositions : p. 65. Cornet déclare qu’il n’est pas question de Jansénius. Sainte-Beuve fait ajouter une septième proposition, Naturalis attritio sufficit ad sacramentum paenitentiae : p. 66. La motion de Cornet acceptée grâce aux religieux surnuméraires : p. 67. Lors de la présentation des propositions, elles n’ont pas fait l’objet d’un débat véritable. Préméditation de Pereyret et Cornet : p. 67-68. Mais cette interprétation ne convainc pas M. Gres-Gayer : p. 68. Les disciples de saint Augustin cherchent d’abord à minimiser l’affaire des thèses : p. 68. Défense à deux niveaux : ils affirment d’un côté leur orthodoxie dans le cadre de l’augustino-thomisme, et ils nient de l’autre côté qu’elles aient leur source dans Jansénius : p. 69. La contre-attaque des disciples de saint Augustin : p. 70. Ils s’adressent à l’opinion publique. La séance du 1er décembre 1649 et les conditions proposées par le docteur Coppin pour examiner la doctrine de la grâce : p. 74 sq. La proposition est refusée : p. 76. Conclusions sur le déroulement de l’affaire : p. 78 sq. dans toute l’histoire de la faculté de théologie de Paris, il n’y a pas d’exemple de propositions abstraites proposées à l’examen des docteurs; on l’a fait remarquer à Cornet, qui s’en tire en disant que Jansénius n’est pas en cause et qu’il a dressé les propositions à partir de ce qu’il avait trouvé dans des thèses : p. 80-81.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 85 sq. Les propositions prennent une sorte d’autonomie. Constitution à Rome d’une commission spéciale chargée d’examiner les cinq premières propositions définies en Sorbonne (1651) : p. 102. La condamnation des propositions d’après le Journal de Saint-Amour : p. 103 sq.

La première proposition de Jansénius

Cette proposition est la seule qui soit dans Jansénius d’après WENDROCK, Disquisitio I, Provinciales, p. 515 sq. Selon BOURZEIS Amable, Propositiones de gratia..., p. 2 sq., prise en son sens universel elle est fausse, mais prise en son sens particulier elle est vraie. Universel : à tous les justes certains commandements sont impossibles; mais au sens particulier, il faut entendre : à quelques justes quelques commandements sont impossibles.

LALANE Noël, SAINT-AMOUR Louis Gorin de, MANESSIER Nicolas, DESMARES Toussaint, ANGRAN Louis, Distinction abrégée des cinq propositions qui regardent la matière de la grâce, laquelle a été présentée en latin à sa Sainteté par les théologiens qui sont à Rome pour la défense de saint Augustin, où l’on voit clairement en trois colonnes les divers sens que ces propositions peuvent recevoir : et les sentiments des calvinistes et des luthériens ; des pélagiens et des molinistes ; de saint Augustin et de ses disciples, 19 mai 1653 (traduction de l’ouvrage qui fut présenté au pape par la délégation janséniste à Rome, avant la bulle Cum occasione ; il est ordinairement désigné sous le titre d’Écrit à trois colonnes), p. 5. Dans le but d’éclaircir le rapport des parties, les auteurs présentent chaque proposition suivie de ses différentes interprétations : la première colonne donne le sens calviniste de la proposition; la seconde le sens auquel l’entendent les disciples de saint Augustin, la troisième le sens moliniste.

 

PREMIÈRE PROPOSITION

Laquelle a été malicieusement tirée hors de son lieu et exposée à la censure.

Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu’ils veulent et qu’ils s’efforcent selon les forces qu’ils ont dans l’ état où ils se trouvent. Et la grâce qui les doit rendre possibles leur manque.

PREMIÈRE PROPOSITION

Laquelle a été malicieusement tirée hors de son lieu et exposée à la censure.

Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu’ils veulent et qu’ils s’efforcent selon les forces qu’ils ont dans l’état où ils se trouvent. Et la grâce qui les doit rendre possibles leur manque.

Le sens hérétique

Que l’on pourrait donner malicieusement à cette pro-position, qu’elle n’a pas néanmoins, quand on la prend comme elle doit être prise.

Les commandements de Dieu sont impossibles à tous les justes, quelque volonté qu’ils aient et quelques efforts qu’ils fassent, même ayant en eux toutes les forces que donne la grâce la plus grande et la plus efficace. Et ils manquent toujours durant leur vie d’une grâce par laquelle ils puissent accomplir, sans pécher, seulement un commandement de Dieu.

Cette proposition est hérétique, Calviniste, et Luthérienne : et elle a été condamnée par le Concile de Trente.

PREMIERE PROPOSITION,

Dans le sens que nous l’entendons, et que nous la défendons.

Quelques commandements de Dieu sont impossibles à quelques justes qui veulent et qui s’efforcent faiblement et imparfaitement selon l’estenduë des forces qu’ils ont en eux, lesquelles sont petites et faibles. C’est à dire, qu’étant destituez du secours efficace qui est nécessaire pour vouloir pleinement et pour faire, ces commandements leur sont impossibles, selon cette possibilité prochaine et complète, dont la privation les met en État de ne pouvoir effectivement accomplir ces commandements. Et ils manquent de la grâce efficace, par laquelle il est besoin que ces commandements leur deviennent prochainement et entièrement possibles : ou bien ; ils sont dépourvus de ce secours spécial sans lequel l’homme justifié, comme dit le Concile de Trente, ne sçaurait persévérer dans la justice qu’il a receuë, c’est à dire dans l’observation des commandements de Dieu.

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition appartient à la foi de l’Église, qu’elle est indubitable dans la doctrine de S. Augustin, et qu’elle a été définie par le Concile de Trente.

PROPOSITION

contraire à la première dans le sens que nos adversaires la soutiennent.

Tous les commandements de Dieu sont toujours possibles aux justes par la grâce qui est soumise à leur franc arbitre, lors qu’ils veulent et qu’ils travaillent selon les forces qui sont présentes en eux. Et jamais la grâce qui est prochainement nécessaire pour rendre les commandements effectivement possibles, ne leur manque pour agir, ou du moins pour prier.

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition, qui est de Molina et de nos adversaires, est pélagienne ou demipelagienne, parce qu’elle destruit la nécessité de la grâce efficace par elle-même pour toutes les bonnes œuvres. Et il a été ainsi déclaré dans la Congrégation de Auxiliis, qui s’est tenue à Rome sous Clément VIII. et Paul V.

SELLIER Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 279. Ambiguïtés dans cette proposition selon les augustiniens : p. 279.

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, 1e éd., p. 68 sq. Ambiguïté de la première proposition imputée à Jansénius.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 88 sq. L’ambiguïté de la première proposition n’est pas patente.

WENDROCK, Disquisitio I, Provinciales, p. 515 sq.; Disquisitio II, p. 526 sq. Analyse d’ensemble et mot par mot.

BOURZEIS, Propositiones de gratia : analyse et discussion selon qu’on prend la proposition en particulier ou universellement.

LALANE Noël, De la grâce victorieuse, p. 2 (3e pagination).

ARNAULD Antoine, Apologeticus alter, p. 20. Allusion à l’anathème du Concile de Trente.

ORCIBAL Jean, “L’écrit de M. de Barcos pour Mme. de Longueville”; voir le texte de l’écrit p. 119-140. Voir p. 129 sq. sur la première proposition.

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 443.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, p. 580 sq. Référence : Augustinus, Pars III, Liv. III, Ch. XIII, De Gratia Christi Salvatoris.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 159.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, hérétique ; selon la bulle Cum Occasione, téméraire, impie, blasphématoire, condamnée d’anathème, hérétique.

D’AVRIGNI le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq. Que cette proposition se trouve presque mot à mot au chapitre 13 du Livre III du troisième livre de la Grâce du sauveur ; les quatre autres ne sont “ pour ainsi dire, que des ranches de cet arbre, et des conclusions qui se tirent naturellement du même principe, ainsi qu’on le voit pour peu qu’on sache raisonner ” : p. 200. “ Toutes les cinq ne sont que des conséquences du système des deux délectations inévitables et invincibles que l’évêque d’Ypres établit comme le fondement de la doctrine de saint Augustin sur le mystère de la grâce ” : p. 200-201.

KOLAKOWSKI Leszek, Dieu ne nous doit rien, p. 19 sq. Question du 13e chapitre du troisième volume de l’Augustinus. Tout ce que Dieu ordonne est possible avec sa grâce, mais cette grâce n’est pas toujours présenter et tout le monde ne l’obtient pas : p. 20.

DE FRANCESCHI Sylvio Hermann, Entre saint Augustin et saint Thomas, Paris, Nolin, 2009, p. 143 sq. Comment, sur le sujet de la première proposition de Jansénius, les jansénistes se sont rapprochés des thomistes vers 1663, lors de la négociation initiée par l’évêque de Comminges.

KOLAKOWSKI Leszek, Dieu ne nous doit rien, p. 19 sq. Question du 13e chapitre du troisième volume de l’Augustinus. Tout ce que Dieu ordonne est possible avec sa grâce, mais cette grâce n’est pas toujours présenter et tout le monde ne l’obtient pas : p. 20.

DE FRANCESCHI Sylvio Hermann, Entre saint Augustin et saint Thomas, Paris, Nolin, 2009, p. 143 sq. Comment, sur le sujet de la première proposition de Jansénius, les jansénistes se sont rapprochés des thomistes vers 1663, lors de la négociation initiée par l’évêque de Comminges.

La seconde proposition de Jansénius

LALANE Noël, SAINT-AMOUR Louis Gorin de, MANESSIER, Desmares TOUSSAINT, ANGRAN, Distinction abrégée des cinq propositions, 19 mai 1653 (ouvrage ordinairement désigné sous le titre d’Écrit à trois colonnes), p. 6.

SECONDE PROPOSITION

Fabriquée et exposée à la censure.

Dans l’État de la nature corrompue on ne résiste jamais à la grâce intérieure.

Le sens hérétique

Que l’on pourrait donner malicieusement à cette seconde proposition, qu’elle n’a pas neantmoins, lorsqu’on la prend comme il faut.

Dans l’État de la nature corrompue on ne résiste jamais à la grâce intérieure et efficace, parce que la volonté de l’homme est purement passive à l’égard de cette grâce efficace : et étant comme une chose inanimée elle ne fait rien du tout ; elle ne coopère point et ne consent point librement.

Cette proposition est hérétique, Calviniste, Luthérienne, et condamnée par le Concile de Trente.

Autre sens erroné,

Que la proposition peut recevoir.

Dans l’État de la nature corrompue on ne résiste jamais à la grâce intérieure prise pour une simple lumière que Dieu donne à l’entendement, et pour une sollicitation qu’il fait à la volonté.

Cette proposition est fausse et erronée, parce que cette grâce n’est point la véritable grâce de Jésus-Christ, comme enseigne S. Augustin dans le livre de la grâce de Jésus-Christ.

Autre sens erroné,

Qu’on peut encore donner à cette proposition.

Dans l’État de la nature corrompue on ne résiste jamais à la grâce intérieure de Jésus-Christ quant à l’effet auquel elle dispose, lors qu’elle est encore faible et qu’elle donne seulement une volonté commencée.

Cette proposition est fausse et erronée.

SECONDE PROPOSITION,

Dans le sens que nous

l’entendons, et que nous la défendons.

On ne résiste jamais à la grâce de Jésus-Christ qui est précisément nécessaire pour chaque œuvre de piété c’est à dire : elle n’est jamais frustrée de l’effet pour lequel Dieu la donne effectivement.

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition appartient à la foi de l’Église, et est indubitable dans la doctrine de saint Augustin.

PROPOSITION

Dans l’État de la nature corrompue on résiste quelquefois à la grâce de Jésus-Christ qui est nécessaire à chaque action de piété soit pour agir soit du moins pour prier c’est à dire : cette grâce est quelquefois privée de l’effet pour lequel elle est précisément donnée de Dieu.

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition, qui est de Molina et de nos adversaires, est Pélagienne, ou demipelagienne, parce qu’elle destruit la force et la vertu efficace de la grâce de Jésus-Christ qui est nécessaire à chaque bonne action. Il a été ainsi déclaré dans la Congrégation de auxiliis qui s’est tenue à Rome.

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, 1re éd., p. 68 sq.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 87 sq. La seconde proposition. Ambiguïté de la deuxième proposition imputée à Jansénius. A un augustinien, la rédaction de cette proposition ne peut paraître que captieuse, imprécise et malhonnête : le verbe résister enveloppe confusément pouvoir résister. Mais la pensée d’Augustin n’est pas que les élus perdent tout pouvoir de s’écarter de la ligne droite, mais que la grâce qu’ils reçoivent est si puissante qu’en fait ils ne s’en écartent pas. Voir la référence dans la XVIIIe Provinciale : « la grâce efficace par elle-même gouverne la volonté de telle sorte qu’on a toujours le pouvoir d’y résister ». Différence avec le calvinisme, qui dénonçait un libre arbitre détruit de fond en comble, mort, tandis que les catholiques professaient un libre arbitre très affaibli, mais prêt à l’élancer vers Dieu sous l’influx de la grâce : p. 88. Les janséniens condamnent de bonne foi la seconde proposition en son sens calviniste.

LALANE Noël, De la grâce victorieuse, p. 22 (3e pagination).

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 443.

DUCHENE Roger, L’imposture littéraire, p. 181 sq.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, éd. Leroy, Pléiade, p. 581. Renvoi, pour un texte proche, à Augustinus, Pars III, Liv. II, ch. XXVII.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, contraire à la Sainte Écriture; selon la bulle Cum Occasione, hérétique.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq.

DE FRANCESCHI Sylvio Hermann, Entre saint Augustin et saint Thomas, Paris, Nolin, 2009, p. 144 sq. Comment, sur le sujet de la deuxième proposition de Jansénius, les jansénistes se sont rapprochés des thomistes vers 1663, lors de la négociation initiée par l’évêque de Comminges.

La troisième proposition de Jansénius

Proposition de Jansénius; voir Provinciales, éd. Cognet, p. XIII, troisième proposition : “pour mériter et démériter, dans l’état de nature déchue, il n’est pas nécessaire qu’il y ait dans l’homme une liberté qui soit exempte de nécessité; c’est assez qu’il y ait une liberté qui soit exempte de contrainte”.

LALANE Noël, SAINT-AMOUR Louis Gorin de, MANESSIER, Desmares TOUSSAINT, ANGRAN, Distinction abrégée des cinq propositions, 19 mai 1653 (ouvrage ordinairement désigné sous le titre d’Écrit à trois colonnes), p. 7.

TROISIÈME PROPOSITION

Fabriquée et exposée à la censure.

Pour mériter et démériter dans l’État de la nature corrompue il n’est pas requis en l’homme une liberté qui l’exempte de la nécessité de vouloir ou d’agir, mais il suffit d’une liberté qui le dégage de la contrainte.

Le sens hérétique

Qu’on pourrait donner malicieusement à cette troisième proposition, qu’elle n’a pas néanmoins, étant prise comme il faut.

Pour mériter et démériter dans l’État de la nature corrompue, il n’est pas requis en l’homme une liberté qui l’exempte de la nécessité naturelle, telle même qu’elle se trouve dans les mouvements indeliberez, mais il suffit d’être seulement délivré de la contrainte.

Cette proposition est hérétique, Calviniste, et Luthérienne.

TROISIÈME PROPOSITION

Dans le sens que nous l’entendons et que nous la défendons.

Pour mériter et démériter dans l’État de la nature corrompue, il n’est point requis en l’homme une liberté qui l’exempte d’une infaillibilité et d’une certitude nécessaire : mais il suffit qu’il ait une liberté qui le délivre de la contrainte et qui soit accompagnée du jugement et de l’exercice de la raison, si l’on considère précisément l’essence de la liberté, et du mérite. Quoi qu’à raison de l’État où nous sommes en cette vie notre âme se trouve toujours dans cette indifférence par laquelle la volonté, lors même qu’elle est conduite et gouvernée par la grâce prochainement nécessaire et efficace par elle même, peut ne vouloir pas, cela est toutefois en telle sorte qu’il n’arrive jamais qu’elle ne veuille pas, lors qu’elle est actuellement secourue de cette grâce.

 

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition est catholique, et est de S. Aug.

LA PROPOSITION

contraire à la troisième dans le sens que nos adversaires la défendent.

Pour mériter et démériter dans l’État de la nature corrompue il est requis en l’homme une liberté qui l’esloigne de l’infaillibilité et de la certitude nécessaire : c’est à dire, il est besoin qu’il soit dans cette indifférence prochaine à agir, ou à n’agir pas, par laquelle la volonté étant assistée de toutes les choses nécessaires à agir se porte tantôt d’un côté et tantôt de l’autre, selon qu’il lui plait.

Nous soutenons et nous sommes prêts de démontrer que cette proposition, qui est de Molina et de nos adversaires, est Pélagienne, parce qu’elle détruit la puissance de cette grâce efficace par elle-même, qui est nécessaire à toute œuvre de piété. Il a été déclaré ainsi dans la Congrégation de auxiliis tenue à Rome.

DENZINGER Heinrich, Enchiridion symbolorum definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, éd. bilingue par Peter Hünemann, n°2003, Bologne, ed. Dehoniane, 1995, p. 790-791. « Ad merendum et demerendum in statu naturae lapsae non requiritur in homine libertas a necessitate, sed sufficit libertas a coactione.

Libertas a necessitate : absence de nécessité. Cela définit le libre arbitre.

Nécessité : ce qui se fait par des causes nécessaires et qu’on ne peut éviter ; puissance à laquelle on ne peut résister. On confond d’ordinaire la nécessité avec la contrainte : cependant en Dieu la nécessité d’être juste n’est point une contrainte, c’est une perfection de son être (Furetière).

Libertas a coactione : absence de coaction. Coaction n’est ni dans le Dictionnaire de l’Académie, ni dans Furetière, ni dans Richelet. Nous voilà bien… Le Gaffiot ne donne aucun sens intéressant ; mais cogo veut dire pousser de force. On trouve sur internet la définition suivante : manipulation consistant à obliger une personne à faire ou ne pas faire quelque chose. Sans référence. Synonyme de contrainte, nécessité, coercition. On trouve le sens de contrainte, violence qui ôte la liberté du choix. Le Larousse donne : contrainte, violence qui ôte le libre arbitre.

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, 1e éd., p. 69 sq. Ambiguïté et maladresse de la troisième proposition imputée à Jansénius. Traduction : Pour mériter et démériter dans l’état de nature déchue, il n’est pas requis que l’homme possède une liberté exempte de nécessité, il suffit que sa liberté soit exempte de contrainte. Il est clair qu’une action imposée par contrainte n’est en aucune manière libre. Quant au terme de nécessité,les augustiniens catholiques comme Arnauld et Pascal l’ont soigneusement évité, contrairement à Luther : ils privilégient l’adverbe infailliblement pour désigner la régularité des comportements de fait : si à un homme passioné par les voluptés charnelles s’offre une femme capiteuse, infailliblement il ira sur la pente de ses penchants, bien que la chasteté demeure pour lui une possibilité et qu’il sente en lui-même le pouvoir inaliénable de sa liberté. Pascal écrit dans la XVIIIe Provinciale : « Dieu dispose de la volonté libre de l’homme sans lui imposer de nécessité, et que le libre arbitre, qui peut toujours résister à la grâce, mais qui ne le veut pas toujours, se porte aussi librement qu’infailliblement à Dieu, lorsqu’il veut l’attirer par la douceur de ses inspirations efficaces ». Et « Le libre arbitre qui peut toujours résister à la grâce, mais qui ne le veut pas toujours, se porte aussi librement qu’infailliblement à Dieu, lorsqu’il veut l’attirer par la douceur de ses inspirations efficaces ».

SELLIER Philippe, Pascal et saint Augustin, p. 344-348. Le mot infailliblement. Les théologiens de Louvain déclarent que « la pensée d’Augustin n’est pas que les élus perdent tout pouvoir de s’écarter de la voie droite, mais que la grâce qu’ils reçoivent est si puissante qu’en fait ils ne s’en écartent pas » : p. 344. En fait, le libre arbitre touché par la grâce ne résiste jamais, en fait l’homme livré à lui-même ne résiste jamais au torrent des concupsicences : p. 344. Pascal est conscient de la nécessité d’employer un vocabulaire rigoureux pour se tenir dans la théologie augustinienne. La notion d’infaillibilité souligne que la grâce ne manque jamais son effet, bien qu’elle n’impose aucune contrainte : p. 344.

Voir dans les Écrits sur la grâce, comment Pascal précise les idées : Traité de la prédestination, 3, § 14, OC III, éd. J. Mesnard, p. 795. « Le libre arbitre, charmé par les douceurs et par les plaisirs que le Saint-Esprit lui inspire, plus que par les attraits du péché, choisit infailliblement lui-même la loi de Dieu par cette seule raison qu’il y trouve plus de satisfaction et qu’il y sent sa béatitude et sa félicité ». Pour Pascal, infaillibilité et liberté ne s’excluent pas : il faut distinguer le domaine du volontaire, où s’exercent spontanément les tendances, de celui de la contrainte, qui forcerait un libre arbitre mort ou rétif à effectuer tel ou tel choix. Le terme contrainte n’est pas le seul à être rejeté, celui de nécessité doit aussi être évité. Il n’est employé à bon escient que pour désigner l’obéissance de la volonté aux premiers principes qui la régissent : désir du bonheur, etc. Le libre arbitre n’a aucun pouvoir de ne pas se porter vers le bonheur ou le bien infini pour lequel il a été créé : p. 345. Cependant le mot nécessité a souvent été utilisé par les théologiens pour marquer ce qu’il vaut mieux appeler infaillibilité (c’est le cas de saint Augustin) : p. 345.

Pascal cite Alvarez, De auxiliis divinae gratiae, Rome, 1610, Disp. 72, n. 4, texte que Pascal emprunte à la Disquisitio tertia de Nicole, § VIII. : « Quand la grâce efficace meut le libre arbitre, il consent infailliblement, parce que l’effet de la grâce est de faire qu’encore qu’il puisse ne pas consentir, il consente néanmoins en effet » : voir XVIIIe Provinciale, éd. Cognet, p. 362 .

Alvarez cite à l’appui saint Thomas, qui a bien dit, comme Pascal l’indique au même endroit de la XVIIIe Provinciale, éd. Cognet, p. 362 : « Que la volonté de Dieu ne peut manquer d’être accomplie ; et qu’ainsi, quand il veut qu’un homme consente à la grâce, il consent infailliblement, et même nécessairement, non pas d’une nécessité absolue, mais d’une nécessité d’infaillibilité ».

Jansénius même n’est pas d’un autre avis : voir p. 346.

La XVIIIe Provinciale, éd. Cognet, p. 359-360, rejette explicitement la troisième proposition : « C’est ainsi que Dieu dispose de la volonté libre de l’homme sans lui imposer de nécessité, et que le libre arbitre, qui peut toujours résister à la grâce, mais qui ne le veut pas toujours, se porte aussi librement qu’infailliblement à Dieu, lorsqu’il veut l’attirer par la douceur de ses inspirations efficaces. »

BOURZEIS Amable, Lettre d’un abbé à un président, Introduction. La nécessité antécédente est celle qui pose son effet en telle manière que sa production ne dépende point de notre libre volonté, mais existe en nous sans nous. La prédestination divine n’apporte pas une telle nécessité qui fléchisse le franc arbitre contre son gré, et ne contribue rien de soi » (thèse du P. Petau).

Sous cette forme, on comprend : tout est dans la distinction entre nécessaire et infaillible.

Cela tend à rejeter le commentaire fait sur saint Augustin par un de ses commentateurs : voir saint AUGUSTIN, De gratia et libero arbitrio, t. 24, p. 782. D’après le De gratia et libero arbitrio, la grâce, toute puissante qu’elle soit, ne détruit pas la libre activité de l’homme ; la grâce est nécessaire à l’homme, et sous la grâce l’homme agit librement. La liberté au sens de libre choix, libertas a necessitate, ne subsiste plus sous la grâce de Jésus-Christ, la grâce qui nous est donnée maintenant, il ne nous reste que la liberté au sens d’absence de coaction, libertas a coactione, celle-ci suffisant à expliquer le mérite et le démérite.

Pour mériter et démériter, l’absence de contrainte violente qui force le libre arbitre suffit ; autrement dit, à partir du moment où le libre arbitre n’est pas forcé, on peut mériter et démériter.

En revanche, pour mériter et démériter, la liberté de la nécessité, la liberté du choix n’est pas nécessaire.

Autrement dit, la contrainte suffit à excuser de faute : quand on est violemment forcé, on ne peut pas être tenu pour responsable. Maisla nécessité n’excuse pas.

On comprend que l’Église ait trouvé cela hétérodoxe.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 89 sq. Ambiguïté de la troisième proposition, due à sa mauvaise rédaction. Les augustiniens tentent de supprimer l’équivoque en employant l’adverbe infailliblement : p. 90. Pascal le dit dans la XVIIIe Provinciale : « Dieu dispose de la volonté libre de l’homme sans lui imposer de nécessité… Le libre arbitre qui peut toujours résister à la grâce, mais qui ne le veut pas toujours, se porte aussi librement qu’infailliblement à Dieu, lorsqu’il veut l’attirer par la douceur de ses inspirations efficaces ».

L’erreur des jansénistes consisterait à croire que la liberté au sens de libre choix (libertas a necessitate) ne subsiste plus sous la grâce du Christ, et qu’il ne nous reste que la liberté au sens d’absence de coaction (libertas a coactione), celle-ci suffisant à expliquer le mérite et le démérite.

Mais ce qui est difficile à comprendre, c’est la lettre de la proposition. C’est difficile dans la mesure où le mot coaction n’est défini nulle part.

LALANE Noël, De la grâce victorieuse, p. 30 (3e pagination).

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 444.

DUCHÊNE Roger, L’imposture littéraire, p. 181 sq.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, p. 582.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

Voir NICOLE Pierre, Disquisitio I, in WENDROCK, Litterae provinciales, p. 518.

BOURZEIS, Propositiones de Gratia, p. 1.

DTC, Article Molinisme, col. 2103. Libertas a necessitate : pouvoir agir quand toutes les conditions de l’action sont données.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, la proposition est hérétique ; selon la bulle Cum Occasione, elle est hérétique.

DE FRANCESCHI Sylvio Hermann, Entre saint Augustin et saint Thomas, Paris, Nolin, 2009, p. 145 sq. Comment, sur le sujet de la troisième proposition de Jansénius, les jansénistes se sont rapprochés des thomistes vers 1663, lors de la négociation initiée par l’évêque de Comminges.

La quatrième proposition de Jansénius

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, p. 68 sq. Caractère atypique de la quatrième proposition imputée à Jansénius. Elle porte sur l’interprétation historique du semi-pélagianisme.

LALANE Noël, SAINT-AMOUR Louis Gorin de, MANESSIER, Desmares TOUSSAINT, ANGRAN, Distinction abrégée des cinq propositions, 19 mai 1653 (ouvrage ordinairement désigné sous le titre d’Écrit à trois colonnes), p. 8.

QUATRIESME PROPOSITION

Fabriquée et exposée à la censure

Les Demipelagiens admettoient la necessité de la grâce intérieure prévenante pour toutes les bonnes œuvres, même pour le commencement de la foi, et ils étaient hérétiques en ce qu’ils voulaient que cette grâce fût telle que la volonté humaine pût lui résister ou lui obéir.

Le sens hérétique

Que l’on pourroit donner malicieusement à la quatriéme proposition, qu’elle n’a pas neantmoins, si on la prend comme elle doit estre prise.

La grâce prevenante de Jesus-Christ est telle, que le franc arbitre de l’homme étant meu et excité par elle, ne lui sçaurait resister, encore qu’il le voulust. Dire autrement c’est parler en Semipelagien.

Cette proposition est hérétique, Calviniste, ou Lutherienne, et elle a été condamnée par le Concile de Trente.

QUATRIESME PROPOSITIION

Dans le sens que nous l’entendons et que nous la défendons.

Les Demipelagiens admettoient la necessité de la grâce prevenante et interieure pour commencer toutes les actions, même pour le commencement de la foi, et leurs sentimens estoient hérétiques en ce qu’ils vouloient que cette grâce fust telle que la volonté lui obeïst ou la rejettast comme il lui plaisoit, c’est à dire que cette grâce ne fust pas efficace.

Nous soûtenons et nous sommes prests de demontrer que cette proposition quant à sa premiere partie qui regarde la question du faict, est véritable : et que quant à la seconde, elle appartient à la foi de l’Église, et est indubitable dans la doctrine de saint Augustin.

PROPOSITION

Contraire à la quatriéme dans le sens qu’elle est défenduë par nos adversaires.

Les Demipelagiens n’admettoient pas la necessité de la grâce interieure prevenante pour commencer chaque action, ni même pour le commencement de la foi : et ils n’estoient pas dans l’erreur en ce qu’ils vouloient que cette grâce fust telle qu’elle ne fust pas efficace par elle-même.

Nous soûtenons et nous sommes prests de demontrer que cette proposition, qui est de Molina et des adversaires, est Pelagienne ou demipelagienne, parce qu’elle destruit la foi de la grâce efficace nécessaire à toute bonne œuvre, et pareillement toute l’autorité de saint Augustin. Et il a été declaré ainsi dans les Congregations de auxiliis tenuës à Rome.

LALANE Noël, De la grâce victorieuse, p. 22 (3e pagination).

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 445.

DUCHÊNE Roger, L’imposture littéraire, p. 181 sq.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, éd. Leroy, Pléiade, p. 583.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, fausse, téméraire et hérétique ; selon la bulle Cum Occasione, fausse et hérétique.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq.

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, 1e éd., p. 68 sq. Caractère atypique de la quatrième proposition imputée à Jansénius. Elle porte sur l’interprétation historique du semi-pélagianisme.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 91 sq. Caractère atypique de la quatrième proposition imputée à Jansénius. Elle porte sur l’interprétation historique du semi-pélagianisme.

La cinquième proposition de Jansénius

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, p. 68 sq. Ambiguïté de la cinquième proposition imputée à Jansénius.

LALANE Noël, SAINT-AMOUR Louis Gorin de, MANESSIER, Desmares TOUSSAINT, ANGRAN, Distinction abrégée des cinq propositions, 19 mai 1653 (ouvrage ordinairement désigné sous le titre d’Écrit à trois colonnes), p. 9.

CINQUIÈME PROPOSITION

Fabriquée et exposée à la censure.

C’est parler en demipélagien de dire que Jésus-Christ est mort, ou qu’il a répandu son sang pour tous les hommes, sans en excepter un seul.

Le sens hérétique

Que l’on peut malicieusement donner à cette cinquiéme proposition, qu’elle n’a pas néanmoins, si l’on la prend comme il faut.

Jésus-Christ est mort seulement pour les predestinés, en sorte qu’il n’y a qu’eux seuls qui reçoivent la véritable foi et la justice par le merite de la mort de Jésus-Christ.

Cette proposition est hérétique, Calviniste ou Luthérienne, et elle a été condamnée par le Concile de Trente.

CINQUIESME PROPOSITION

Dans le sens que nous l’entendons et que nous la défendons.

C’est parler en Demipélagien de dire que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes en particulier, sans en excepter un seul, en sorte que la grâce nécessaire au salut soit presentée à tous, sans exception de personne, par sa mort, et qu’il dépende du mouvement et de la puissance de la volonté d’acquérir ce salut par cette grâce generale sans le secours d’une autre grâce efficace par elle-même.

Nous soûtenons et nous sommes prêts de demontrer que cette proposition appartient à la foi de l’Église, et qu’elle est indubitable dans la doctrine de saint Augustin.

PROPOSITION

contraire à la cinquiéme dans le sens qu’elle est défenduë par nos adversaires.

Ce n’est pas une erreur des Demipélagiens, mais une proposition catholique de dire que Jésus-Christ a communiqué par sa mort à tous les hommes en particulier, sans en excepter un seul, la grâce prochainement et precisement nécessaire pour operer, ou du moins pour commencer le salut et pour prier.

Nous soûtenons et nous sommes prests de demontrer que cette proposition, qui est de Molina et de nos adver-saires, contient une doctrine contraire au Concile de Trente, et même qu’elle est Pela-gienne ou Demipélagienne, parce qu’elle destruit la neces-sité de la grâce de Jésus-Christ efficace par elle-même pour chaque bonne œuvre. Et il a été declaré ainsi dans les Congregations de auxiliis tenuës à Rome.

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 44.

DUCHÊNE Roger, L’imposture littéraire, p. 181 sq.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, éd. Leroy, Pléiade, p. 583. Renvoi, pour un texte proche, à Augustinus, Pars III, Liv. II, ch. XXVII.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, fausse et scandaleuse; selon la bulle Cum Occasione, impie, blasphématoire, injurieuse, dérogeant à la divine piété et hérétique.

SELLIER Philippe, Pascal et saint Augustin, Paris, Colin, 1970, p. 270 sq. La volonté de salut en Dieu. Voir p. 289 sq. Le Christ est-il mort pour tous ?

SELLIER Philippe, Port-Royal et la littérature, II, p. 61. ; On peut soutenir dans un sens très large que le Christ est mort pour tous, dans la mesure où il est mort à cause du péché de l’humanité, ou parce que sa rédemption eût suffi à sauver tous les hommes, s’il l’eût décidé, ou, ce qui revient au même, s’ils l’eussent voulu. Saint Augustin se heurte à la déclaration nette de saint Paul: p. 61. Arnauld consacre le livre III de son Apologie pour les saints Pères de 1651 à ce problème “de la mort de Jésus-Christ pour tous les hommes”. Voir Prosper d’Aquitaine, Pro Augustino responsiones. Voir p. 61, n. 27, les différentes réponses envisagées par saint Augustin.

SELLIER Philippe, « Qu’est-ce que le jansénisme ? », in Port-Royal et la littérature, II, Le siècle de saint Augustin, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Mme de Sévigné, Sacy, Racine, Paris, Champion, 2012, p. 55-99. Voir p. 90 sq. Pour les jansénistes, affirmer que le Christ est mort pour tous sans exception, peut avoir un sens catholique, précisé par saint Augustin, saint Propser et d’autres : soit quant à la suffisance de la rédemption, soit parce que le Christ a sauvé la nature humaine.

CEYSSENS Lucien, « La cinquième des propositions condamnées de Jansénius : sa portée théologique », in Jansénius et le jansénisme dans les Pays-Bas (Mélanges Ceyssens), Louvain, Presses Universitaires, 1982, p. 39-53.

Mort du Christ pour tous les hommes : voir Traité de la prédestination, T2, § 30. “Que c’est seulement pour leur salut que Jésus-Christ est mort et que les autres, pour le salut desquels il n’est pas mort, n’ont pas été délivrés de cette perdition universelle et juste.”

ARNAULD Antoine, Apologie pour les saints Pères, Livre III, Second point, Œuvres, XVIII, p. 162 sq. État de la question. Les molinistes disent que « Jésus-Christ est mort pour le salut de tous les hommes, non seulement quant à la suffisance du prix, qui pouvait être appliqué à tous ; mais encore avec une volonté sincère et efficace de sa part, de les faire tous jouir du fruit de sa passion » : p. 162. Les augustiniens disent « qu’on peut dire que Jésus-Christ est mort généralement pour tous les hommes à ne considérer que la suffisance du prix de sa mort, et la dette dont il s’est chargé en prenant la nature humaine, qui est commune à tous les hommes.

Mais qu’à proprement parler, et selon l’application du prix de son sang, il est port pour tous les fidèles qui, par le baptême et les autres sacrements, ont part aux grâces qu’il a méritées par sa mort ; qui sont appelés du nom de tous les hommes, et de tout le monde, parce qu’ils sont répandus par tout le monde, selon l’Écriture (Joan, 11. 52), et non pas généralement pour tous les hommes, en y comprenant tous les impies, et les idolâtres, qui étaient déjà dans l’enfer, avant qu’il vint au monde (ce que les conciles ont condamné comme une erreur insupportable) (Conc. Val. C. 4) e ceux qui, depuis son incarnation, ne l’ont point reconnu pour leur Sauveur.

Et qu’il est mort encore plus particulièrement pour tous les élus ; parce que c’est sur eux qu’il répand ses plus grandes grâces, et qu’il a voulu que sa mort leur servit pour les rendre éternellement heureux, comme étant ces enfants de Dieu dispersés par toute la terre, pour lesquels il devait mourir, selon l’Evangile (Joan, 11, 52 ; Joan, 17,6 ; 17,9 ; 10, 11 ; 10, 28), afin de les rallier dans son Église : comme étant ceux que son Père lui a donnés, pour être particulièrement à lui, et pour lesquels il témoigne, qu’il le prie, et non pour le monde : et comme étant ses brebis chéries et bien aimées, pour lesquelles il déclare qu’il voulait donner sa vie, en assurant en même temps que nulle d’elles ne périrait » : p. 162-163.

ARNAULD Antoine, Apologie de M. Jansénius, IIIe sermon, article XVII, p. 172 sq. En quel sens selon saint Augustin et les pères Jésus-Christ est mort pour tout le monde. Concordance de Jansénius et de saint Paul. Tous s’entend de toute l’Église, et non des païens : p. 173. En quel sens le Christ n’est pas mort pour les seuls prédestinés : p. 175. En quels termes la maxime que Jésus est mort pour tous les hommes se trouve dans Jansénius : p. 177. Voir article XXI, p. 215 sq., En quelle sorte Jésus-Christ est le rédempteur de tout le monde. Voir article XXVI, p. 227 sq., Explication de ce que dit le concile touchant la mort de Jésus-Christ pour tous les hommes. Et particulièrement article XXXI, p. 242, Que le mot de tous ne se prend pas toujours si universellement dans l’Écriture, qu’il comprenne tous les hommes en général, sans en excepter aucun. Le problème rhétorique est traité dans le même article XXXI, p. 244 sq., Que les explications que saint Augustin donne aux passages de saint Paul, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, et Jésus-Christ s’est donné pour la rédemption de tous, sont très raisonnables, et très conformes au langage de l’Écriture. Arnauld relève plusieurs procédés conus des logiciens, notamment la distributio commoda (distribution accommodée au sujet dont on parle, p. 245) et la distributio pro generibus singulorum, et non pro singulis generum (l’acception d’un terme universel pour les divers genres d’une chose, et non pas pour chaque chose en particulier de ces divers genres, p. 247).

NICOLE Pierre, F. Nicolaï molinisticae theses, p. 21 sq. Saint Thomas : Christus pro omnibus sufficienter mortuum esse ; sed pro multis tantum efficienter.

BOURZEIS Amable, Propositiones de gratia, p. 30 sq. Quinta propositio.

DELASSAULT, Lemaître de Saci, p. 50. La rédemption peut être dite universelle en ce sens que le Christ s’est revêtu de la nature commune à tous les hommes ; ou que le sang versé était un prix suffisant pour la rachat du monde. Hors de cela, il n’est plus question d’universalité, puisque le Christ n’a effectivement racheté que les élus. Saci, dans les Heures de Port-Royal, Office de l’Église et de la Vierge, pouvait donc traduite les expressions de saint Prosper, Pro Augustino responsiones ad capitula Gallorum, pouvait dire que le Christ était rédempteur de tous les hommes, ou que le prix de son sang était suffisant pour le rachat du monde, ou que Jésus s’était revêtu de la nature humaine commune à tous les hommes. Il utilise ces formules équivalentes selon les besoins du vers. Lorsqu’une expression du latin, traduite, en laisse par aucun détail entrevoir que Redemptor omnium doit être interprété selon l’une des intentions du saint, et risquait donc e’être équivoque, laissant entende une universalité étendue au salut de tous les hommes, elle n’est jamais traduite, et Saci adapte le vers au sens général de la strophe : p. 51.

CHÉDOZEAU Bernard, Port-Royal et la Bible. Un siècle d’or de la Bible en France (1650-1708), Paris, Nolin, 2007, p. 112. La controverse à propos de l’expression Christe redemptor omnium dans les Heures de Port-Royal. La critique du P. Labbe dans le Calendrier des Heures surnommées à la janséniste, suivie par celle du P. Adam et du P. Brisacier. Port-Royal répond surtout aux attaques doctrinales des jésuites : p. 113. Le conflit romain sur l’expression Christe redemptor omnium : p. 115 sq.

Pensées, Laf. 911, Sel. 451. J.-C. rédempteur de tous. Oui, car il a offert comme un homme qui a racheté tous ceux qui voudront venir à lui. Ceux qui mourront en chemin c’est leur malheur, mais quant à lui il leur offrait rédemption. Cela est bon en cet exemple où celui qui rachète et celui qui empêche de mourir font deux, mais non pas en J.-C. qui fait l’un et l’autre. Non car J.-C. en qualité de rédempteur n’est pas peut-être maître de tous, et ainsi en tant qu’il est en lui il est rédempteur de tous.

ANNAT François, Réponse à la plainte, in Réponses, p. 44.

DUCHÊNE Roger, L’imposture littéraire, p. 181 sq.

SAINTE-BEUVE, Port-Royal, II, IX, T. 1, p. 583. Renvoi, pour un texte proche, à Augustinus, Pars III, Liv. II, ch. XXVII.

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p. 195 sq.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 109. Selon la Sorbonne, fausse et scandaleuse; selon la bulle Cum Occasione, impie, blasphématoire, injurieuse, dérogeant à la divine piété et hérétique.

DOMINICY Marc, La naissance de la grammaire moderne, Bruxelles, Mardaga, 1984, p. 108 sq. Comment la thèse de l’indétermination et le postulat d’effabilité peuvent éclaircir un problème pragmatique issu de la théologie. Les théologiens jansénistes doivent prouver que la proposition Jésus-Christ est mort pour tous les hommes reçoit une interprétation qui la rend compatible avec la thèse selon laquelle ceux qui sont ou seront damnés n’ont pas été rachetés par la mort sur la croix. Dominicy néglige la thèse selon laquelle l’universalité doit se comprende de generibus singulorum, et non pas de singulis generum, c’est-à-dire de toutes les espèces de quelque genre et non de tous les particuliers de ces espèces : dans cette explication, on entend par tous les hommes toutes les conditions différentes qui se rencontrent parmi les hommes : p. 108. Explication par l’option pragmatique fondée sur l’indétermination et le postulat d’effabilité : p. 108 sq. Primo : tous signifie tantôt l’universalité, tantôt la simple pluralité ; voir Pascal, Laf. 571, Sel. 474 : « Il y a hérésie à expliquer toujours, omnes, de tous. Et hérésie à ne le pas expliquer quelquefois de tous, bibite ex hoc omnes. Les huguenots hérétiques en l’expliquant de tous. In quo omnes peccaverunt. Les huguenots, hérétiques en exceptant les enfants des fidèles. Il faut donc suivre les pères et la tradition pour savoir quand, puisqu’il y a hérésie à craindre de part et d’autre. » Les huguenots déduisent du passage de Matthieu XXVI, 27, que tous doivent communier sous les deux espèces ; mais le tous de buvez-en tous est restreint à l’auditoire du Christ, ou aux disciples auxquels il parlait, Judas excepté. Pour le péché originel, Romains, V, 12, entend tous de la totalité des hommes. Lorsque tous marque la pluralité, c’est qu’il exprime en fait l’universalité à l’intérieur d’un domaine délimité par le contexte ou la situation. Voir ce que dit Pascal sur l’or, métal le plus lourd de tous, c’est-à-dire de tous ceux qui sont connus, dans la Préface au traité du vide. Les propositions qui assertent en apparence l’universalité du salut se laissent toujours interpréter avec une restriction : voir Pascal, Traité de la prédestination, III, 12 : « Que Dieu a discerné ses élus d’avec les autres par des raisons inconnues aux hommes et aux anges et par une pure miséricorde sans aucun mérite.

Que les élus de Dieu font une universalité, qui est tantôt appelée monde parce qu’ils sont répandus dans tout le monde, tantôt tous, parce qu’ils font une totalité, tantôt plusieurs, parce qu’ils sont plusieurs entre eux, tantôt peu, parce qu’ils sont peu à proportion de la totalité des délaissés.

Que les délaissés font une totalité qui est appelée monde, tous et plusieurs, et jamais peu.

Que Dieu, par une volonté absolue et irrévocable, a voulu sauver ses élus, par une bonté purement gratuite, et qu’il a abandonné les autres à leurs mauvais désirs où il pouvait avec justice abandonner tous les hommes. »

ARNAULD Antoine, Réponse au P. Annat, provincial des jésuites, touchant les cinq propositions attribuées à M. l’évêque d’Ypres, 1654, in ARNAULD Antoine, Œuvres, XIX, p. 193 sq., où Arnauld remarque que le P. Petau est d’accord avec les augustiniens pour admettre que Jésus n’est pas mort pour tous les hommes. Pour les autres, il n’est pas mort pour qu’ils soient sauvés, mais seulement afin que cette grâce leur fût donnée.

Les sixième et septième propositions de Jansénius

CEYSSENS Lucien, “Nicolas Cornet”, p. 160.

ARNAULD Antoine, Œuvres, XIX, p. IV. Leur condamnation devait retomber sur Arnauld, La fréquente communion et l’Apologie de Jansénius. Cette septième est retranchée et remplacée par une autre, conte la suffisance de l’attrition naturelle.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p.195 sq. Pourquoi il n’est rété que cinq propositions : p. 200.

GRES-GAYER Jacques M., Le jansénisme en Sorbonne, p. 57 sq. Nicolas Cornet et la genèse des six propositions. Voir p. 63 : “6. Sensit olim ecclesia privatam sacramentalem paenitentiam pro peccatis occultis non sufficere. 7. Omnia infidelium opera sunt peccata” : p. 64-65.

Conséquences que les ennemis de Port-Royal tirent des principes des cinq propositions

PIROT Georges, Apologie pour les casuistes, éd. de 1657, p. 5. « La première, que tous les chrétiens doivent vivre dans un grand repos sans s’inquiéter de ce qui leur arrivera après la mort ; car si Dieu leur donne la grâce efficace, ils seront indubitablement sauvés » : p. 5. « Cette seconde conclusion porte qu’il ne faut point se servir de la raison naturelle, pour guide de nos actions, mais qu’il faut tout attendre de cette grâce victorieuse » : p. 6. La rareté de cette grâce met le vice sur le trône : par nécessité indubitable, les hommes sont tous dans le vice : p. 6. « La troisième conclusion que tirent les jansénistes de leurs principes, c’est qu’en toutes les directions il faut toujours choisir les plus austères et pénibles maximes de l’Évangile, et qu’il ne faut nullement condescendre à la faiblesse des chrétiens » : p. 7. La quatrième « veut que dans les résolutions des cas de conscience, on suive toujours les sentiments les plus rigoureux, sans craindre de rendre le chemin du Ciel plus difficile et sans appréhender de multiplier les péchés mortels » : p. 7.

Les propositions de Jansénius ont un sens orthodoxe

ARNAULD Antoine, Réponse à quelques raisons par lesquelles on prétend démontrer que ceux qui sont persuadés que les cinq propositions ne sont point dans Jansénius doivent néanmoins signer la nouvelle bulle d’Arnauld (27 avril 1657), in ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. 27.

Les cinq propositions sont-elles liées les unes aux autres ?

ARNAULD Antoine, De la signature, p. 22 (juin 1661). Une personne prétend que seule la première proposition est dans l’Augustinus, mais que comme les autres en sont des conséquences directes, on peut dire qu’elles y sont toutes. Mais quand on lui a demandé de montrer que les quatre suivantes sont des suites logiques de la première, il a été incapable de le faire.