La bulle Ad sacram beaati Petri sedem (2)

 

Définition

JOMBART Emile (SJ), Manuel de droit canon, Beauchesne, 1949, p. 33. Les bulles sont les lettres apostoliques les plus solennelles; écrites sur un parchemin, elles commencent par le nom du pape qui généralement ne les signe pas (elles sont signées par deux cardinaux); aux plus importantes est attachée la boule de plomb qui a donné le mot bulle, portant en cachet d'un côté les effigies de saint Pierre et de saint Paul, de l'autre le nom du pape.

PONTAS Jean, Dictionnaire des cas de conscience ou décisions, par ordre alphabétique, des plus considérables difficultés touchant la morale et la discipline ecclésiastique, publié par l’abbé Migne, 1847, t. 1, p. 263-264. Bulle.

La bulle Ad sacram

La bulle Ad sacram conclut une série qui commence avec la bulle In Eminenti du 6 mars 1642, suivie le 31 mai 1653 par la bulle Cum occasione d’Innocent X. Le 16 octobre 1656, Alexandre VII signe la bulle Ad sacram beati Petri sedem, qui a été longtemps gardée en réserve. Elle affirme que les Cinq propositions sont dans l’Augustinus de Jansénius et qu’elles sont condamnées au sens où Jansénius les avaient entendues. Voir ARNAULD, Œuvres, XXI, p. V-VI.

Texte in GEF VI, p. 59-62. Voir GOUHIER Henri, Blaise Pascal. Commentaires, p. 308-309.

OC III, éd. J. Mesnard, p. 459.

Provinciales, éd. Cognet, p. 355.

Contenu de la bulle: voir GOUHIER Henri, Blaise Pascal. Commentaires, p. 308-309. Elle confirme que les propositions sont dans Jansénius. Voir ARNAULD, Œuvres, XXI, p. V-VI.

Extraits in GEF VI, p. 59-62. Voir surtout p. 60 : « d’autant que quelques enfants d’iniquité (ainsi que nous l’avons appris) ont l’assurance de soutenir, au grand scandale de tous les fidèles chrétiens, que ces cinq propositions ne se trouvent point dans le livre de Jansénius, mais qu’elles ont été feintes et forgées à plaisir, ou qu’elles n’ont pas été condamnées au sens auquel cet auteur les soutient, nous, qui avons suffisamment et sérieusement considéré tout ce qui s’est passé dans cette affaire (comme ayant par le commandement du même pape Innocent X, notre prédécesseur, lorsque nous n’étions encore que dans la dignité du cardinalat assisté à toutes les conférences, dans lesquelles, par autorité apostolique, la même cause a été en vérité examinée avec une telle exactitude et diligence, qu’on ne peut pas en souhaiter une plus grande) ayant résolu de lever et de retrancher tous les doutes qui pourraient naître à l’avenir, au sujet des propositions ci-dessus alléguées, afin que tous les fidèles chrétiens se maintiennent et se conservent dans l’unité d’une même foi, nous ; dis-je, par le devoir de notre charge pastorale, et après mûre délibération, approuvons, et renouvelons par ces présentes, la constitution, déclaration et définition du pape Innocent notre prédécesseur ci-dessus rapportée, déclarons et définissons que ces cinq propositions ont été tirées du livre du même Cornelius Jansénius évêque d’Ypres, intitulé Augustinus, et qu’elles ont été condamnées dans le sens auquel cet auteur les a expliquées, et comme telles nous les condamnons derechef, leur appliquant la même censure, dont chacune d’elles en particulier a été notée ou frappée dans cette même déclaration et définition. » Voir GOUHIER Henri, Blaise Pascal. Commentaires, p. 308-309.

ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. V. Alexandre VII, voyant les conséquences dangereuses du formulaire, donne une bulle qui confirme celle d’Innocent X ; il accorde seulement à l’Assemblée de France de décider comme elle la question du fait.

Sur les conditions d'émission, voir ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. 5.

Augustinus falsifié pour obtenir la bulle Ad sacram: voir Provinciale XVII, 27, éd. Cognet, p. 348 et p. 354, n. 1. L'histoire viendrait eu P. Lupus, augustin, qui la tenait d'Alexandre VII; il y aurait un certificat authentique daté du 4 avril 1675. Voir ARNAULD, Œuvres, XXI, p. V, pour la source de cette histoire.

RETZ, Œuvres complètes, I, Œuvres oratoires, politiques et religieuses, éd. J. Delon, dans Œuvres complètes, t. 1, Paris, Champion, 2005, p. 33.

Sur les manœuvres de Piccolomini pour faire recevoir la bulle, voir ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. VI.

Sur les résistances rencontrées, voir ADAM Antoine, Du mysticisme à la révolte, p. 214. Difficultés de la réception en France, qui expliquent le retard avec lequel elle a été connue. Voir MESNARD Jean, Pascal, p. 109 sq.: le Parlement enregistre la bulle, mais n'exige pas la signature d'un formulaire. SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, p. 54, sur les résistances du côté des parlements.

LEMAITRE Antoine, Lettre d'un avocat au Parlement, 1er juin 1657, contre l'établissement d'une inquisition en France, éd. Cognet, p. 385 sq.

Chronologie de la bulle Ad sacram:

2 mars 1657. Présentation au roi.

11 mars 1657. Le nonce Celio Piccolomini remet à Louis XIV la bulle Ad sacram.

14 mars 1657. Piccolomini donne une copie au président de l'Assemblée du clergé.

17 mars 1657. L'Assemblée du clergé enregistre la bulle Ad sacram et rédige en conséquence un nouveau formulaire.

29 novembre 1657. Lit de justice pour faire céder le Parlement.

GERBERON, Histoire générale, t. 2, p. 317.

HERMANT, Mémoires, Livre XVII, ch. 18.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p. 367 sq.

COGNET Louis, Le jansénisme, p. 72.

ADAM Antoine, Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, II, L’époque de Pascal, p. 262.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p. 367 sq.

Sur la réception: ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. XVI. Les écrits d'Arnauld là-dessus: p. XIV sq.

LEMAITRE Antoine, Lettre d’un avocat au Parlement, 1er juin 1657, contre l’établissement d’une inquisition en France, éd. Cognet, p. 385 sq.

ADAM Antoine, Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, II, L’époque de Pascal, p. 262.>

HERMANT, Mémoires, Livre XVII, ch. 18.

D’AVRIGNY le P., Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l’Histoire ecclésiastique depuis 1600 jusques en 1716 avec des réflexions et des remarques critiques, sl, sn, 1739, II, p. 367 sq.

Réactions de Port-Royal à la bulle Ad sacram

Les jansénistes accusent les jésuites d’avoir trompé le pape en lui présentant un Augustinus falsifié pour obtenir la bulle Ad sacram : voir Provinciale XVII, 27, éd. Cognet, p. 348 et p. 354, n. 1. L’histoire viendrait eu P. Lupus, augustin, qui la tenait d’Alexandre VII ; il y aurait un certificat authentique daté du 4 avril 1675. Voir ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. V, pour la source de cette histoire.

Sur les écrits d’Arnauld sur la bulle Ad sacram : voir ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. XIV sq.

>FRONTEAU (?), Lettre d’un théologien, 1er septembre 1656, contre le Formulaire.

ARNAULD Antoine, Cas proposé par un docteur touchant la Constitution dernière du Pape Alexandre VII et du formulaire, en l’Assemblée générale du Clergé, le 17 mars 1567, slnd (1657), 42 p. in-4°.

ARNAULD Antoine, Mémoire pour faire voir au Parlement combien il est important de ne pas recevoir la Bulle d’Alexandre VII, 1657 (Mémoire recopié par Le Paige après 1778, non imprimé. Coll. L.P. 382, pièce 89).

NICOLE Pierre, Pauli Irenaei Disquisitiones duae ad praesentis Ecclesiae tumultus sedandos opportunae, sl, 1657, 18 p. in-4°.

LEMAITRE Antoine, Lettre d’un avocat au Parlement, 1er juin 1657, contre l’établissement d’une inquisition en France, éd. Cognet, p. 385 sq.

GOUHIER Henri, Blaise Pascal. Commentaires, p. 308-309.

On veut établir en France une Inquisition

Pascal, Pensées, Fragment hors Copies n°3C (Laf. 916, Sel. 746). « L’Inquisition et la Société les deux fléaux de la vérité. »

La protestation de France contre la Bulle venait du fait que l’on était persuadé qu’avec les jésuites, le Vatican vouait établir en France la même Inquisition que subissaient l’Espagne et l’Italie.

ARNAULD Antoine, Œuvres, XXI, p. VI sq. Voir p. XVI sq. et XXI, sur les Mémoires d’Arnauld sur la réception de la bulle Ad sacram ; p. XXXVII, sur la Faculté de Paris victime de l’inquisition.

LEMAITRE Antoine, Lettre d’un avocat au Parlement, 1er juin 1657, contre l’établissement d’une inquisition en France, éd. Cognet, p. 385 sq.

Sur l’Inquisition, voir :

LEVILLAIN Philippe, Dictionnaire historique de la papauté, p. 902, sur l’Inquisition au moyen âge, et p. 907 sq., sur l’Inquisition à l’époque moderne.

TESTAS Guy et Jean, L’Inquisition, Que sais-je?, Paris, Presses Universitaires de France, 1969.